Ventoux : objectif réussi
Mercredi 20 juillet. Réveil à 6.00 heures alors que je suis en vacances. La raison : Dame météo a décidé de se montrer clémente sur la région et je vais en profiter pour concrétiser l'un de mes projets : accrocher le Ventoux à mon palmarès.
Sur les conseils de Lariégeoise, j'avais pris contact avec Cinglée du Ventoux (CDV) du forum VeloTrainer pour lui faire part de mon intention. Nous convenons d'un rendez-vous 8.30 heures, à Malaucène pour effectuer la montée ensemble.
Quelques minutes après l'heure prévue, nous partons en direction de Bedoin, enpruntant pour ce faire un petit col intermédiaire qui porte le même nom qu'un grand : le col de la Madeleine. Une demie-heure plus tard nous sommes au pied du géant de Provence, au kilomètre zéro pour l'ascension. Le ciel est clair, il fait bon (23°) et les choses sérieuses vont enfin commencer.
CDV qui a participé au catastrophique (du point de vue de la météo) Brevet Randonneur des Alpes le dimanche précédent et n'a pas encore réussi à récupérer, m'annonce qu'elle ne
m'accompagnera pas jusqu'au sommet.
Les premiers kilomètres sont faciles. Très facile. Il faut bien appuyer un peu plus fort sur les pédales avant d'arriver à Sainte-Colombe, mais rien d'insurmontable. A l'approche de Saint-Estève, CDV m'indique à la fois que c'est là qu'elle va me laisser continuer seul et qu'il va me falloir abandonner le 40 dents au profit de la moulinette. Elle me souhaite bon courage et rebrousse chemin.
Je passe sur le petit plateau et entre dans le vif du sujet. En fait, à l'exception d'un léger répit lors de la traversée du Massif des Cèdres, les huit kilomètres suivants, qui me mèneront
jusqu'au chalet Reynard oscilleront entre 9 et 10 % de pente moyenne.
Bien qu'il ne fasse pas très chaud, le petit vent rafraîchissant qui souffle, est appréciable. Je suis rejoint par un cyclo du Nord. Il m'explique qu'il en est à sa troisième ascension depuis le début de la semaine et que la portion sur laquelle nous nous trouvons est la plus difficile du parcours. Nous roulerons ensemble, côte à côte, durant plusieurs kilomètres avant qu'il ne finisse par me distancer en me souhaitant bon courage pour la suite de mon aventure.
Puis je quitte l'abri de arbres et arrive au chalet Reynard où je marque une courte pause et me restaure.
Le thermomètre de mon compteur
à singulièrement baissé. Il ne fait plus que 14° et le vent est nettement moins agréable. Par prudence j'enfile mon maillot à manches longues avant de reprendre ma route.
Les deux kilomètres suivants (10% de pente moyenne) sont enfin suivis par un passage moins pentu, mais bien trop court à mon goût. Il fait de plus en plus froid et
de plus et le brouillard s'est invité sur le trajet. Le vent aussi, s'est renforcé. Le thermomètre de mon compteur passe sous les dix degrés. Les conditions météorologiques sont assez éloignées
de celles prévues. La visibilité diminue rapidement.
Je commence à me demander si je ne ferais pas mieux de rebrousser chemin et de tenter une autre ascension un jour futur où le temps sera plus clément. Mais l'idée
de renoncer alors que je ne suis plus très loin du sommet et que le plus difficile est derrière-moi en même temps, me pousse à continuer. Et puis ma voiture m'attend de l'autre côté, à
Malaucène.
Quelques virages plus tard, j'arrive au monument érigé à la mémoire de Tom Simpson.
Encore quelques efforts et
c'est enfin le bien nommé Col des Tempêtes. Je suis presque au sommet.
Depuis quelques instants je
croise des cyclos qui, par prudence, redescendent à pied. Le vent est tellement violent qu'il dévie régulièrement la trajectoire du vélo et qu'il faut faire des efforts supplémentaires rien que
pour pouvoir continuer à rouler sur la petite bande cyclable tracée sur le côté de la chaussée.
Je m'obstine et après 2.23 heures d'ascension, arrive au sommet du Ventoux.
Le plus difficile (pour moi)
reste à faire : redescendre jusqu'à Malaucène. Sans aucune visibilité. Et, malgré les gants longs et le coupe-vent que je passe, je ne peux m'empêcher d'avoir froid. Il est vrai qu'il ne fait
plus que 7°, 16 de moins que lors du début de mon périple. Et c'est parti pour cette ultime portion du parcours. Au fur et à mesure de ma descente, je note avec satisfaction la remontée de la
température. Le brouillard s'estompe et finit par disparaître. Je me réchauffe et parviens à rouler plus rapidement.
Peu après 13 heures, j'arrive à ma voiture. Comme elle est restée au soleil, c'est un réel plaisir que de s'y asseoir. C'est terminé. Je vais rentré comblé : j'ai accroché le Ventoux à mon palmarès.

